LA MAJORITE ET LA COMMUNICATION : L'OMNIPRESENCE COMPENSATOIRE
Les lecteurs du bulletin municipal s’étonneront certainement de voir la page traditionnellement réservée aux élus de l’opposition mise au service de l’autosatisfaction de la majorité. Non contente en effet d’exhiber ses prouesses à longueur de pages dans la revue, elle s’est arrogée quelques colonnes supplémentaires pour poursuivre son récit, réservant, au passage, selon des règles encore bien obscures, l’espace résiduel, aux autres listes (1).
Cette arrogance communicante qui s’appuie également sur le site officiel de la ville et la newsletter (2) compense maladroitement le déficit en actions qu’il faut pourtant bien constater un an après son élection.
Le temps n’est plus en effet à se retrancher derrière le constat d’insuffisance des prédécesseurs (trop commodément brandi) mais de faire la preuve de ses propres capacités.
Or, force est de constater, aujourd’hui, que le bilan n’est pas à la hauteur des objectifs initialement affichés. Si le constat vaut pour bien des domaines, il convient en particulier de déplorer :
1. La politique conduite en matière de logement : en requérant l’intégration de la résidence étudiante initialement prévue à Magenta dans le projet de l’OPAC à la Faisanderie, la majorité fait le choix de limiter l’offre de logements (locatifs et en accession à la propriété) alors même que les besoins des Bellifontains, en particulier pour les personnes les plus modestes, sont en croissance permanente;
2. La politique de partenariat avec les communes voisines au sein en particulier des instances que sont la CCFA (Communauté de communes Fontainebleau-Avon) et le SMEP (Syndicat mixte d’études et de programmation).
La CCFA traverse aujourd’hui une crise dont la face comique est le spectacle des passes d’armes offert par les deux maires en conseil communautaire et dont la face désolante (pour nos finances) est l’échec récent de la vente de l’immeuble du 6 rue Marrier.
Pour nous convaincre de ce déficit partenarial avec les communes environnantes, il suffira également de se remémorer l’épisode malheureux des places d’accueil des gens du voyage annoncées sur un terrain à Vulaines en l’absence de concertation avec le maire de la commune concernée, en juin dernier.
3. La politique de financement des associations, les modalités d’attribution des subventions aux associations n’ayant pas fait l’objet du travail de réflexion annoncé, nous assistons aujourd’hui à des versements complémentaires au coup par coup selon une logique purement arbitraire ;
4. Une politique fiscale hypocrite Alors que les élus de gauche proposaient lors du vote du budget, en mars dernier, de faire le choix d’une hausse des impôts (faible pour ne pas exercer une pression fiscale trop contraignante mais suffisante pour permettre aux services municipaux de remplir leurs missions auprès des Bellifontains), la majorité a préféré opter pour le statu quo. Il ne s’agit là bien entendu que d’une faveur temporaire, aux accents électoralistes dont la conséquence sera de reporter à demain des efforts d’autant plus douloureux qu’ils s’en trouveront augmentés.
Roseline Farrayre-Sarkissian
(1) Nous ne disposons pour notre part que de 1100 caractères.
(2) Notre demande de disposer d’un espace d’expression sur le site adressée à M. le Maire est restée sans réponse, soulignons tout de même que ce droit a été reconnu par M. le Ministre de l’Intérieur dans une réponse ministérielle, publiée dans le JO Assemblée nationale du 15/02/2005 « si le site internet de la ville offre une diffusion régulière d'informations " sur les réalisations et la gestion du conseil municipal ", en vertu du droit que leur reconnaît la loi, les conseillers minoritaires doivent y avoir une tribune d'expression ».
