07 juin 2007

La bataille mondiale de l'intelligence : Premier mouvement de troupe

Les propos tenus par le Premier Ministre sur les sciences humaines et sociales (SHS) lors de sa visite à l’université d’Orsay le 1er juin 2007 (reproduits ci-dessous) nous apparaissent particulièrement inquiétants.
Subrepticement, en effet, s'introduit dans le discours officiel l'idée que la recherche trouverait sa finalité dans la conquête des marchés. C'est à terme le risque que les champs et objets de la recherche en SHS soient déterminés par ce seul horizon et que les travaux inutiles pour les dirigents d'entreprise n'aient pu l'opportunité de voir le jour...Souhaitons que notre interprétation pèche par excès de pessimisme...
R. Farrayre-Sarkissian

« Les savoirs liés aux travaux que conduisent, par exemple, nos spécialistes des sciences humaines et sociales sur l’histoire, les comportements, les fondements sociétaux de nombreux pays dans le monde constituent un patrimoine culturel qui justifie, en soi, la recherche.
Imaginons ce que pourrait être l’existence de séminaires réguliers, organisés autour de ces savoirs au profit de nos cadres et dirigeants d’entreprises engagés dans la compétition économique mondiale.
Ils trouveraient là des clés de comportement pour négocier avec leurs partenaires étrangers et augmenter ainsi leurs chances de pénétration des marchés. La qualité du rapport à autrui passe évidemment par la connaissance de ses références culturelles et comportementales Dès lors, au-delà de sa valeur propre, la recherche dans ces domaines offrirait ici une plus value significative dans un univers où on ne l’attend pas. L’innovation ce peut être aussi ça ».

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